Aller au contenu principal
août 28, 2013 / Denis Chemillier-Gendreau

La reprise ? Mais quelle reprise ?

Le Président de la République nous a fait passer avec insistance le message que l’économie française va mieux, en mettant en évidence quelques statistiques et le ralentissement du rythme de hausse du chômage (faute d’avoir les bonnes nouvelles dans la courbe elle-même, il les cherche dans la dérivé seconde…). « Quelque chose se passe dans l’économie », a-t-il ainsi commenté le 6 août.

Est-ce si sûr ? Comme les statistiques – bonnes ou mauvaises – s’égrènent à raison de 1 ou 2 par semaine, il est difficile de se faire une idée juste de l’état de la conjoncture. Serviable, je me propose de vous aider…

Il y a incontestablement un phénomène cyclique favorable au niveau européen (+0,3% au second trimestre après -0,3% au premier) qui bénéficie à notre économie : le PIB affiche un +0,5% après plusieurs trimestres de contraction (pas de quoi être fier cependant quand on sait que les Allemands affichent un +0,7% et les Anglais un +0,6%).

Mais les signaux négatifs sont bien plus nombreux :

  • le rebond de la croissance est exclusivement dû à la consommation, dopée par le geyser des dépenses sociales : le Gouvernement a d’ailleurs profité de la torpeur de l’été pour créer une nouvelle allocation, la « garantie jeune » (http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/08/13/09005-20130813ARTFIG00233-une-nouvelle-allocation-pour-100000-jeunes-precaires.php), et ouvre la rentrée avec l’annonce d’une nouvelle prestation « pénibilité » en matière de retraite…
  • le dynamisme de la croissance est essentiellement dû à notre facture énergétique, conséquence d’un printemps froid : les autres composantes diminuent, et notamment l’habillement (-2,4%) et l’alimentation (-1,2%)
  • l’investissement des entreprises s’est une nouvelle fois contracté (-0,5%) au second trimestre : c’est le 5ème trimestre de contraction
  • cette croissance à crédit ne crée évidemment pas les emplois attendus : les déclarations d’embauche ont diminué de 6,5% en juin et l’emploi salarié aura perdu 30.000 postes sur le second trimestre
  • les créations d’entreprise ont baissé de 2% au second trimestre par rapport à la même période de 2012
  • l’activité dans le bâtiment a baissé de 4% au second trimestre : c’est le cinquième trimestre consécutif de baisse…
  • la production industrielle a continué de plonger de 1,4% en juin (http://lexpansion.lexpress.fr/economie/production-industrielle-la-baisse-s-est-acceleree-en-juin_398097.html). Le drame de notre économie apparait dans la comparaison de notre lamentable performance par rapport à la hausse spectaculaire de la production industrielle en Allemagne (+2,4%) et en Angleterre (+1,9%). Je résume : pendant que la France pleure (-1,4%), l’Angleterre sourit (+1,9%) et l’Allemagne jubile (+2,4%)…
  • le nombre de faillites d’entreprises a augmenté de +4% en juin (http://www.rfi.fr/france/20130810-france-faillites-entreprise-sont-hausse-crise-economie)
  • les statistiques de juillet confirment que le marché automobile français est le plus déprimé d’Europe.

Les deux indicateurs sur lesquels s’appuie le Président (consommation et emploi) sont portés à bout de bras et de façon complètement artificielle par la dépense publique : pendant que François HOLLANDE affirme à Bruxelles que « La France doit tenir sa dépense publique en 2013 », son gouvernement publie discrètement le communiqué de presse suivant (début août) : « Les dépenses de l’Etat atteignaient 196,2 milliards d’euros à fin juin 2013, contre 185,2 milliards à la même date en 2012 ». Ainsi, non seulement la dépense publique ne diminue pas, mais elle est même en train de déraper (+6% en rythme annuel !), alors qu’elles  avaient diminué sous les deux dernières années de la Présidence SARKOZY. Dans le même temps, les Allemands entament leur 4ème trimestre de baisse de leurs dépenses publiques, les Anglais confirment en 2013 une baisse de 3% des dépenses du gouvernement et les Espagnoles confirment la baisse initiée depuis 2011.

Contraint de rassurer les marchés financiers en réduisant le déficit, soucieux de récompenser sa base électorale en laissant filer la dépense publique, le Président a réussi le prodige d’appeler « baisse des dépenses » ses nouvelles hausses d’impôts : considérant que les déductions fiscales dont bénéficient certaines entreprises sont des dépenses, il lui a suffi de les supprimer (http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130716trib000776055/le-gouvernement-engage-le-choc-de-simplification-et-coupe-dans-les-aides-a-certaines-entreprises.html) pour transformer une lâche hausse d’impôt (la suppression d’une déduction) en courageuse baisse de dépenses !

 

L‘explosion des dépenses est telle que, malgré la hausse spectaculaire des impôts, le déficit continue d’augmenter : sur les 6 premiers mois de 2013, on dérape de +3 milliards d’Euros par rapport à 2012…

 

Ce qui est rassurant, dans ce contexte de mensonge généralisé, c’est la lucidité des Français, qui sont 70% à estimer que la situation économique de la France s’aggrave (http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/sept-francais-sur-dix-jugent-que-l-economie-s-aggrave-8240644.html). Les agences de notation ne sont pas plus naïves que les Français et en juillet, FITCH a retiré son dernier AAA à la France, pour des motifs qui ne surprendront personne : « interrogations persistantes à court et moyen termes sur l’évolution de la production, du chômage et du déficit de l’Etat » (http://www.leparisien.fr/economie/la-france-perd-son-triple-a-aupres-de-l-agence-de-notation-fitch-12-07-2013-2977895.php).

 

Cet été, à Londres, le Financial Times titrait « UK recovery gathers momentum: Deficit shows sharp drop, Keyservices sector expanding and Manufacturing strengthens ». La France va se retrouver de plus en plus seule dans sa folie dépensière…

Publicités
juillet 6, 2011 / Denis Chemillier-Gendreau

L’Europe à trop chaud ? Cassons le thermomètre !

Alors que l’Europe est empêtrée dans une crise d’endettement publique ingérable et qu’elle se voit poussée chaque jour un peu plus vers des décisions douloureuses tout en continuant à les refuser, les agences de notations viennent de confirmer la dégradation du Portugal et de la Grèce. Standard & Poor’s a ainsi abaissé mi-juin la note de la dette à long terme de la Grèce de « B » à « CCC », la plus faible note accordée par S&P à un pays dans le monde. Et hier, Moody’s a abaissé de quatre crans la note souveraine du Portugal, de « Baa1 » à « Ba2 », considérant la dette portugaise comme « spéculative ». L’Europe a chaud, très chaud même : car pendant que notre incapacité à éteindre le brasier grecque semble chaque jour plus évidente, le feu commence à prendre fortement au Portugal, menaçant d’incendie les banques françaises et allemandes qui ont été assez folles pour accompagner des vagues d’endettement totalement inacceptables. Mais quand l’Europe a trop chaud, elle préfère casser son thermomètre plutôt que d’éteindre le feu. Haro sur le trio des agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch) qui ose annoncer la fournaise ! Le porte-parole de la Commission a ouvert le feu : « C’est un épisode regrettable, qui soulève une fois de plus la question de la pertinence du comportement des agences de notation » Notre nouveau ministre de l’Économie François BAROIN lui emboite le pas : « Ce n’est pas le regard d’une agence de notation qui va régler l’affaire de la tension des dettes souveraines et de la crise budgétaire». Son collègue le nouveau ministre des Affaires européennes, Jean LEONNETTI en rajoute : « Ce n’est pas les agences de notation qui décident de la façon dont on aide la Grèce et l’euro ». Ils sont suivis par le président de la Commission, José Manuel BARROSO : « Je regrette particulièrement la décision de Moody’s à cause du moment choisi et de son ampleur. Il pourrait y avoir un certain parti pris dans les marchés dès lors qu’il s’agit d’évaluer l’Europe ». Enfin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang SCHAUBLE n’est pas en reste : « Il faut briser l’oligopole des agences de notation ». Tout cela est évidemment affligeant. Les agences de notation ne font que leur travail, qui est de dire quand les choses vont mal. En Grèce tout particulièrement ! Ce pays est devenu de modèle des lâchetés qui frappent l’Europe, ancien continent très riche et très productif qui n’arrive pas à s’adapter à la nouvelle donne de la concurrence redoutable de l’Asie. Il faudrait faire preuve de courage, revoir notre modèle social, supprimer nos nombreuses et lourdes poches de gras, nos rentes de situation et nos privilèges indus, se concentrer sur la productivité de nos entreprises ? Mais les Européens, repus et satisfaits, préfèrent trop souvent la lâcheté au courage. Pire : pendant que certains – les Allemands en tête – font cet effort d’ajustement, les Grecques s’enivrent des vapeurs d’endettement. Ce que nous disent les agences de notations sur la Grèce est simple : ce pays n’a pas simplement un problème d’endettement excessif, il a d’abord et avant tout un problème majeur de perte de compétitivité, et donc de solvabilité. Le problème n’est pas seulement le STOCK de dette, ni le FLUX nécessaire d’endettement lié au déficit non maîtrisé ; il est surtout l’incapacité des Grecques à vendre leurs produits, compte tenu de leur perte de compétitivité. Avez-vous, récemment, acheté une voiture, un vin ou une montre grecques ? Et pour cause : sur les 10 dernières années (2002-2011), quand l’indice des prix en Allemagne n’a augmenté que de 16%, il a bondi de 39% (plus du double !) en Grèce. Les industriels allemands et grecques vendent leurs produits dans la même devises, mais pas aux mêmes prix ! Or l’inflation est, comme l’endettement, un indicateur de l’absence de courage : on fait semblant de satisfaire les ouvriers en augmentant les salaires, mais les entreprises reprennent ce gain de pouvoir d’achat par une hausse des prix des produits courant, alimentant ainsi une spirale de hausse des prix. Ouvriers et entreprises croient gagner tous les deux ; mais tous les deux perdent en même temps ! L’inflation est cet artifice qui permet à une société de ne pas trancher, de ne pas arbitrer, en noyant ses conflits dans une illusion inflationniste. Cette lecture de la crise grecque jette un jour nouveau sur nos problèmes français. D’un coté, il faut saluer le courage du gouvernement, qui a su modérer les hausses de SMIC, de RSA et autres RMI, qui a su imposer un début de rigueur dans la Fonction Publique, qui a su s’attaquer aux déficits de nos régimes de retraite. Et de l’autre, il faut s’inquiéter de ces promesses démagogiques des candidats socialistes qui offriront 300.000 emplois semi-publics aux jeunes, reviendront sur les réformes des retraites et ouvriront les vannes du social, au risque d’éroder notre compétitivité. Les Socialistes eux-mêmes se rendent compte, à l’heure de la crise grecque et portugaise, de l’ineptie de ces promesses, et j’écoutais avec délectation, ce matin sur RTL, Manuel VALLS, candidat déclaré aux primaires socialistes : « Nous savons qu’au vu de l’état des finances publiques, il faudra dire quelles sont les priorités, tout ne sera pas finançable, tout ne sera pas possible. Les 300.000 emplois jeunes, par exemple, je n’y crois pas. Il n’y aura pas de retour à la retraite à 60 ans, le dire c’est mentir aux Français. »

juin 23, 2011 / Denis Chemillier-Gendreau

Les mauvais raisonnements de Luc CHATEL

Qu’il est triste de voir que la déliquescence de l’Education Nationale conduit à faire des sujets du bac un objet de trafic. Avec un effectif d’un million, l’Education nationale devrait pouvoir assurer cette tâche pourtant simple d’organiser un concours ! D’autant que la baisse constante du nombre d’élèves depuis 15 ans libère des moyens.

Mais non : la désorganisation et la débandade de cette grande bureaucratie sont telles qu’il est possible d’obtenir les sujets du bac en amont des examens. Sous les yeux de mon fils ébahi, des lycéens parisiens échangeaient, il y a quelques jours, les sujets de plusieurs disciplines, avec une cote qui s’établit à 1.200 € le sujet. Avec 3 ou 4 fois cette somme concentrée sur les matières essentielles, vous pouvez donc obtenir votre bac sans révision !

Le scandale récent auquel ce trafic indécent a conduit – avec l’exercice de probabilité de la section S publié sur internet la veille de l’examen par un lycéen qui mériterait, pour cette seule raison, qu’on lui retire même son BEPC – a donné l’occasion à Luc CHATEL, ministre de l’Education Nationale, de nous montrer à quelle démagogie un homme politique peut être réduit.

Face à ce scandale, quelle a été sa décision ? « Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a confirmé lors d’une conférence de presse tenue en fin de matinée qu’il y avait bien eu fuite. L’épreuve ne sera notée que sur les 3 autres exercices ».

Un raisonnement simple montre pourtant que la décision de Luc CHATEL conduit exactement au résultat inverse de celui recherché. Car si un élève a pu disposer avant l’examen du texte de l’exercice de probabilité (l’un des 4 exercices posés dans la totalité de l’examen, représentant 4/15 de la note total), il a eu clairement besoin de moins de temps pour le résoudre ; il a donc pu consacrer plus de temps aux autres composantes de l’examen. En réduisant la notation à ces autres composantes, on avantage donc les tricheurs au lieu de les pénaliser. Ceci est d’autant plus vrai que l’exercice supprimé étant à la fois le premier dans l’ordre de l’examen et le plus facile, il est probable qu’une grande majorité des élèves aura 4/4 à cette composante. Les multiples actions intentées contre cette décision ont conduit le Ministre à modifier à la marge sa décision initiale, mais sans supprimer l’inconvénient dénoncé ci-dessus.

juin 10, 2011 / Denis Chemillier-Gendreau

La France va-t-elle se transformer en une nouvelle Grèce ?

La file d’attente des pays qui s’apprêtent à passer sous les fourches Caudines de l’humiliation financière internationale s’allonge en Europe. Après la Grèce, le Portugal et l’Espagne, clairement menacés, Standard & Poors, vient ainsi de publier une étude sur les finances publics de la France : « il est incertain que Standard & Poor’s maintienne la note +AAA+ », peut on lire. « Ces agences de notation sont des monstres froids, des acteurs du capitalisme mondial et du néo-libéralisme », doit penser la Gauche. Et oui, voilà bien le scandale de ces temps modernes : « Quoi, on ne peut plus emprunter sans limite pour financer la gabegie de notre protection sociale et de notre administration pléthorique ? ». Certains, sans doute pensaient que l’on pourrait à la fois refuser de réformer, laisser l’explosion des dépenses résoudre dans la facilité les milles revendications contradictoires de notre société, accroitre sa dépendance financière et … faire taire les prêteurs ! Mais qui sont ces monstres froids qui voudraient nous empêcher de tirer sans limite sur la ficelle de l’endettement ?

A quelques mois d’une échéance politique importante pour la France, il est intéressant d’écouter le diagnostic des uns et des autres, avant même d’examiner les solutions qu’ils proposent. Benoit HAMON nous propose ainsi, pour le Parti Socialiste dont il est le porte-parole (et l’inspirateur d’une partie importante du programme économique), une analyse … rigolote. Sur France Inter, le 26 mai dernier, il est interrogé sur l’endettement de la France, et sa réponse est la suivante : « La dette est illégitime. Elle n’est pas due à des dépenses invraisemblables des Etats. L’essentiel de la dette est lié au fait qu’on a réduit les recettes fiscales. Les Français n’ont rien à voir dans la responsabilité de ce déficit et de ce taux d’endettement. Ce n’est pas parce qu’ils sont sur-consommateurs de prestations sociales ou que l’Etat est trop généreux, que nous avons ces niveaux de déficit. »

Je sais, je sais : comme moi, vous trouverez cela ahurissant, pathétique. Mais l’esprit de ce blog est de documenter les constats par des chiffres. J’en propose plusieurs.

J’ai tout d’abord regardé ce qu’ont représenté les baisses d’impôts depuis l’année 2000 : le total est de l’ordre de 7 milliards d’euros de perte de recettes fiscales par an en moyenne.

J’ai ensuite regardé ce que représentaient nos déficits en 2010 : au déficit du budget de l’Etat (120 milliards d’euros), il faut ajouter celui de la sécurité sociale (un peu plus de 30 milliards). Une opération mathématique aussi simple qu’une division permet de conclure que les baisses d’impôt ne représentent pas plus de 5% de notre déficit public actuel. L’analyse de l’instigateur du programme du Parti Socialiste (« L’essentiel de la dette est lié au fait qu’on a réduit les recettes fiscales ») est juste … un mensonge.

Vous me direz que Mr HAMON raisonnait peut-être en termes de « stock » et non de « flux ». J’ai donc aussi regardé les stocks : alors que le cumul des baisses d’impôts depuis 10 ans représente 70 milliards d’euros, la dette publique actuelle est de 1.600 milliards. Une fois de plus, Mr HAMON est un menteur. La phrase « Les Français n’ont rien à voir dans la responsabilité de ce déficit et de ce taux d’endettement » va sonner, aux oreilles des créanciers de la France comme une alerte inquiétante, le linéament d’un « on ne paiera pas » qui n’est pas de nature à faire baisser nos taux d’intérêt.

mai 23, 2011 / Denis Chemillier-Gendreau

La gauche et l’immigration

Je soumets à l’amusement de mes lecteurs différentes positions de personnalités de la gauche française sur la difficile question de l’immigration, qui montrent l’évolution du degré d’écoute de ces personnalités aux aspirations des électeurs qu’ils sont sensés défendre.

Je commence par un extrait bien connu, un peu long mais tellement truculent qu’on hésite à le réduire : « J’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé de travailleurs immigrés.  En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. La cote d’alerte est atteinte. C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. Se trouvent entassés dans ce qu’ il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante, la crise du logement s’aggrave, les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes. ». Claude GUEANT ? Nicolas SARKOZY ? Hé non : George MARCHAIS, en 1981, en réponse au recteur de la mosquée de Paris qui venait de s’indigner de la destruction au bulldozer le 24 décembre 1980, veille de Noël, d’un foyer de 300 travailleurs maliens par Paul Mercieca alors maire communiste de Vitry.

Depuis, les choses ont bien changé ! Ecoutons Jean-Luc MELANCHON, désormais candidat pour le compte – entre autres – du même Parti Communiste. « Vous dites que si l’on accepte de l’immigration, alors cela pousse à la baisse les salaires, et donc cela fait de [moi] le complice du MEDEF. Et bien il y a une façon très simple de régler ce problème : donner des papiers aux travailleurs sans papier et dès lors, ils auront les mêmes droits que les travailleurs nationaux et donc les mêmes lois s’appliqueront à eux. […] Si vous faites partir les ouvriers étrangers qui se trouvent chez nous, tous les comptes sociaux seraient déséquilibrés, car ces gens amènent dans notre pays 12 milliards de plus qu’ils n’en prennent. […] Il n’y a pas plus d’immigrés aujourd’hui par rapport à la population totale qu’il n’y en avait en 1930. […] Je suis absolument certain d’une chose, c’est que le Parti Communiste dit, comme moi, qu’il faut régulariser tous les travailleurs sans papier de ce pays. » En effet, le programme du PC (www.pcf.fr) est clair sur sa revendication : « Régularisation des sans papiers ».

Faut-il conclure, en reprenant l’argument de bon sens de ceux qui suggèrent qu’en augmentant l’offre de travail on en diminue le prix ? Je préfère laisser le bon sens des Français conclure ce débat, : en 1981, le Parti Communiste de George MARCHAIS obtenait 15,35% des voix ; en 2007, le même PC de Marie-George BUFFET n’atteignait pas 2%.

CQFD.